
Questions sur L’Exode, Chapitre 1
QUESTION 1 : Pourquoi Dieu a-t-il voulu que son peuple soit plus quatre cents ans en Égypte quand il a appelé Abram à quitter son pays pour s’établir en Canaan?
Il y a plusieurs raisons à cela : La bible nous dit que Dieu voulait que le péché des Amoréens, nom général pour les habitants de Canaan, vienne à son comble (Genèse 15.16). On peut toujours répliquer que ces péchés pouvaient quand même augmenter avec la présence des Hébreux au milieu d’eux. Tout comme l’Église exerce un frein sur l’immoralité du monde ambiant, les juifs en Canaan auraient joués le rôle d’un garrot.
Mais pourquoi un Dieu saint qui demande la sainteté voulait que le péché en arrive à son plein potentiel de mal? Pour justifier Dieu de les juger ensuite, de les vouer à l’interdit et de donner ce pays aux descendants d’Abraham (Matthieu 21.43). À Dieu appartient la terre et il a le droit d’enlever tout peuple qui méprise son droit de propriété et son identité (1 Chroniques 29.11; Actes 17.26). Dieu voulait faire de cette partie du monde un pays où règne la sainteté et ses lois. Il n’était pas non plus obligé de retenir le mal des Amoréens car l’homme est libre de ses décisions.
Une deuxième raison peut justifier le séjour en Égypte. Pour qu’il ne soit pas contaminé par la conduite des Amoréens! Dieu pouvait juger que l’Égypte serait un meilleur contexte pour le développement de sa nation. L’Égypte avait ses faux dieux mais leur conduite n’était pas autant immorale que celle des Amoréens. Il y a aussi que le pays de Gosen formait une partie du royaume d’Égypte séparé du reste (Genèse 46.34). Les Israëlites pouvaient donc profiter d’une plus grande autonomie pour leur religion et leur mode de vie. Il n’est pas du tout certain que les Amoréens eux, auraient tolérés la multiplication des Hébreux dans leur pays. Il y a aussi que l’Égypte pouvait voir ces hébreux comme une manne du ciel pour développer l’Égypte avec leurs grands projets de construction. Il est interressant de savoir que le pays d’Égypte fût envahi et gouverné de 1663 av. J-C à 1530 av J-C, par un peuple sémite appelé Hyksôs. Ces sémites appartenant au même groupe génétique que les Hébreux, furent favorables aux juifs.
Mais dans ces explications historiques, il ne faudrait pas oublier l’aspect spirituel et théologique de la chose. Les Israélites selon la chair devaient préparer la venue de l’Israël selon l’Esprit (L’Église : Romains 2.28,29). L’expérience des juifs selon la chair devait expliquer celle du véritable Israël (Galates 6.16). Le pharaon Égyptiens parle du pharaon par excellence, le diable; l’esclavage des juifs en Égypte, pointe vers l’esclavage encore plus grand des pécheurs sous l’autorité de Satan et du péché (Jean 8.34; 2 Timothée 2.26); et l’Exode bien sûr voulait nous diriger vers la vraie rédemption en Jésus-Christ (Jean 8.36), la délivrance du monde (Jean 17.16) pour se mettre en route vers le ciel.
QUESTION 2 : Qui sont ces 70 personnes (v.5)?
Ce chiffre est tout d’abord un chiffre réel comme le démontre surtout le passage de Genèse 46.8-27. Faut-il également le considérer comme un chiffre symbolique indiquant que ce peuple est le peuple de Dieu? Car on connaît la valeur spirituelle du chiffre sept dans la bible?
On atteint le chiffre 70 (v.27) en calculant les descendants mâles de Jacob en ajoutant Sérah (seule fille) ce qui fait un total de 67 personnes provenant de Canaan incluant Er et Onan décédés auparavant, auquel fût ajouté Joseph et ses deux fils Manassé et Éphraim (Gen 46.8-27). Jacob et toutes les femmes, sauf Sérah (v.16), ne sont pas comptés dans ce chiffre de 70 personnes. Cette femme devait être bien spéciale car même Dina (v.15) n’a pas été compté dans ce total de 70. Sa présence toutefois renforce l’idée d’un chiffre symbolique. Elle a pu être ajouté pour arrondir le chiffre 69.
Il faut savoir cependant que la LXX (la version Septante) a le chiffre 75 ici, en Genèse 46.27; chiffre qu’Étienne reprend en Actes 7.14. Ce n’est pas une erreur, c’est juste que ces traducteurs ont ajouté les descendants des deux fils de Joseph, au nombre de cinq ( ).
QUESTION 3 : Que veulent dire les mots « un nouveau roi qui n’avait point connu Joseph » (v.8)?
Cette connaissance n’en était pas une personnelle car il y a bien longtemps que Joseph ne régnait plus sur l’Égypte et qu’il était mort. La grande multiplication des juifs en Égypte au point de menacer la nation Égyptienne (v.7,9), nous replace bien après l’époque de Joseph. N’oublions pas que les Hébreux ont séjourné 430 ans dans le pays (Exode 12.40), à partir de 1876 av J-C, avant d’en sortir en 1446 av J-C. Il est bien plus vraisemblable de croire que ce pharaon soit monté sur le trône, plus proche de la naissance de Moïse (1526 av J-C; 1.8,2.2), que de la mort de Joseph (1805 av J-C). Il est très probable que ce pharaon soit Ahmôsis I qui a régné de 1549 à 1525 av J-C, après avoir repoussé les Hyksos du nord (Delta du Nil) et ramené l’unité de l’Égypte (sud et nord). Il est question donc ici de l’oublie volontaire ou involontaire de la renommée de Joseph. La présence des Hyksos (non Égyptiens) a pu contribuer à cet oubli.
QUESTION 4 : Est-il réaliste que les israélites soient devenues plus puissants que les Égyptiens?
Les douze fils de Jacob ont eu une moyenne de presque cinq garçons par fils : 70 – 12 – 1= 57. Il y a 327 ans entre l’entrée des juifs en Égypte (1876 av. J-C) et la monté sur le trône de Ahmosis I (1549 av J-C). Si on donne 40 ans pour une génération, on se retrouve avec 9 générations en 327 ans. Si on descend la moyenne de garçons à 2.5 fils par fils, on se retrouve avec un total d’un peu moins que 220.000 garçons en 1549 av J-C. Ce chiffre s’apparente aux 603,500 soldats conscrits (Nombres 1.46), qui couvre seulement la catégorie des 20 ans jusqu’aux invalides pour la guerre, à la sortie de l’Égypte un peu plus 80 ans plus tard, après une tentative de génocide. Nous en concluons que oui le pharaon avait raison de craindre les Israélites.
QUESTION 5 : Pourquoi le Pharaon avait-il peur que les Hébreux prennent le parti des ennemis des Égyptiens advenant un conflit armé (v.10)?
Nous aurions pu déjà nous poser la question : « Mais pourquoi ce pharaon ne redoutait tout simplement pas l’importance de la nation juive en son sein? » N’était-ce pas déjà suffisant comme menace? Le pharaon ne croyait probablement pas que ces Hébreux, sans armes, et sans armé organisée, pouvait renverser le pouvoir égyptien malgré leur nombre. C’est seulement si une armée étrangère se montrait, que là ces Hébreux, dans l’esprit du pharaon, devenaient une vraie menace.
Mais venons-en à notre question du départ. Le pharaon souffrait-il de paranoïa? S’inventait-il un scénario imaginaire pour couvrir sa vraie raison de cette politique génocide? Exagérait-il la menace des Israélites pour donner court à sa haine et sa vengeance contre ces orientaux, qu’il confondait aux Hyksos qui avaient osé les envahir? Et même si la description de la situation était réelle, pourquoi les Hébreux n’auraient pu préférer le parti des Égyptiens plutôt que celui de leurs ennemis. Après tous, un changement de régime sous ces ennemis comportait beaucoup d’incertitudes. À cette question s’en ajoute une autre semblable : « Pourquoi les Hébreux auraient voulu sortir du pays? » Pharaon était-il au courant d’un mécontentement des Israélites? Se plaignaient-ils de leur sort? En tous les cas ce peuple avait su apprécier les bonnes choses de l’Égypte (Exode 16.3; Nombres 14.3; 11.4,5). Y avait-il eu des épisodes de soulèvements? On en a aucune trace. Il est toujours pensable que le pharaon ait eu vent des promesses faites aux juifs concernant le pays de Canaan et d’une possible ambition de leur part de vouloir retourner en Canaan pour en prendre possession et avoir un vrai chez eux. C’est vrai que le pays de Canaan en ce temps surpassait en beauté et en qualité celui de l’Égypte (Exode 3.8; Deutéronome 11.10-12).
Mais il avait probablement une autre raison à cette méfiance du pharaon. Il s’agit des mauvais traitements envers les Hébreux qui avaient déjà commencé, bien avant l’avènement du nouveau pharaon. Dans ce cas, il faut interpréter la nouvelle politique préconisée par ce nouveau pharaon (v.10-14) comme un nouveau niveau de persécutions qui avait été limité auparavant par le souvenir de Joseph. Mais Exode, chapitre un, versets 1 à 7 ne rend pas compte de ceux-ci. En revanche, il y a les paroles de Dieu en Genèse 15.13, reprise par Étienne (Actes 7.6), qui disent que les descendants d’Abraham vont être opprimés pendant 400 ans ou quatre générations (v.16) en Égypte, ce qui se trouve à être la quasi-totalité de leur présence en Égypte.
QUESTION 6 : Est-ce que l’esclavage des Hébreux était une bonne politique pour les empêcher de se reproduire?
Le pharaon aurait pu choisir d’autres moyens : En tuer une certaine quantité, ou les déporter en partie ou en totalité de leur pays, ou les vendre comme esclaves à d’autres nations pour sauvegarder la sécurité de l’Égypte. Pourquoi avoir choisi cette politique d’un esclavage interne? La première raison est que les Égyptiens avaient besoin et profitaient beaucoup économiquement des Hébreux pour le développement et l’enrichissement de l’Égypte. Pas question donc de se passer de cette main d’œuvre abondante et à bon marché. La mesure en question ne pouvait donc pas être absolu : « plus d’Hébreux dans le pays » mais seulement « Pas trop d’Hébreux dans le pays ». Et probablement que cette mesure ne devait pas créer trop de vague et pousser à la révolte les Hébreux. Le Pharaon a donc opté pour celle de soumettre ces juifs à de durs travaux. N’oublions pas que le souci de pharaon était le nombre d’Hébreux. Il fallait donc en priorité trouver une façon de contrôler ces naissances et d’empêcher ceux-ci de se reproduire au même rythme ou selon les mots mêmes du pharaon : « empêchons qu’il ne s’accroisse » (v.10). Selon donc le pharaon, si les hébreux travaillaient plus durement et probablement plus longuement, ils ralentiraient leur multiplication, n’ayant plus ni le temps, ni la force ou l’envie de s’accoupler. Ils n’auraient peut-être plus envie non plus de mettre au monde des enfants dans une telle condition.
Mais la réalité est que cette politique a eu, contre toute attente du pharaon, l’effet inverse (v.12). Mais pourquoi donc mettre au monde des enfants dans un contexte aussi difficile que celui de l’Égypte sous ce pharaon persécuteur? Il semble que l’expérience des pays pauvres montre que quand la vie n’offre plus d’espoir en soi, le seul espoir qui reste est d’avoir des enfants pour un espoir futur. Aussi, il est possible que le peuple Hébreux aient compris les intentions du pharaon et qu’ils aient voulu les contrecarrer ayant compris que leur force résidait justement dans leur nombre. Est-ce que le commandement de Dieu d’être fécond (Genèse 1.28; 9.1) ou la promesse à Abraham qu’ils deviendraient nombreux (Gen 12; 13. Etc.), où la confiance que Dieu pouvait changer les choses, ont eu a aussi un rôle, sûrement! pour certains. De façon évidente la politique Égyptienne était mauvaise puisqu’elle n’atteignait pas son but, bien au contraire. Ils se sont pourtant obstinés (v.13,14) et ont augmenté les mauvais traitements ainsi que la cruauté dans leur application, pensant briser le moral et la résistance des Hébreux à la longue. Mais ce bras de fer a été à la faveur des Hébreux puisque le pharaon a dû changer de tactique comme le montre les versets suivants (v.15-22).
QUESTION 7 : « Est-ce que les noms Pithom et surtout Ramsès nous obligent à choisir la date plus tardive pour l’Exode soit 1250 av j-C ? »
La ville de Pithom (maison du dieu Athom) ne remet rien en question. Par contre la ville de Ramsès est problématique et sert d’argument à plusieurs pour choisir la date tardive car la dynastie des Ramsès vient environ deux siècles plus tard. Nous trouvons pourtant qu’il est plus simple d’expliquer ce nom Ramsès autrement qu’en déplaçant la date de l’Exode car la date de 1446 av J-C est très bien établi par 1 Rois 6.1; Juges 11.26; le prêtre historien Maneton qui a dit que le pharaon de l’Égypte était Amenotep II qui a régné justement au 15e siècle avant J-C. et d’autres considérations. Ce nom Ramsès, qui signifie « enfant de Ré (dieu solaire) peut donc avoir désigné un autre Ramsès, que les pharaons du 13e siècle et pas nécessairement un pharaon. Pithom non plus ne désigne pas un pharaon. D’autres choisissent l’explication de la modernisation des noms anciens par des plus nouveaux pour en faciliter l’identification par les lecteurs. On a un exemple clair dans la bible de cette pratique, la ville de Laïs est appelée Dan ( ), bien avant d’avoir été conquise par la tribu de Dan. Moïse aurait donc écrit le nom ancien de cette ville qu’un scribe aurait changé ensuite en Ramsès parce qu’on lui avait donné ensuite ce nom en l’honneur du roi Ramsès.
QUESTION 8 : Ces sages femmes étaient-elles Hébreux ou Égyptiennes?
POUR DES SAGES FEMMES ÉGYPTIENNES :
1- On peut penser que le Pharaon, surtout pour ce genre de politique génocidaire, ait trouvé préférable d’utiliser des sages femmes Égyptiennes. Mais le Pharaon n’avait peut-être pas d’autres choix de travailler avec des sages femmes juives car ce sont en fin de compte les femmes enceintes qui décident qui elles veulent pour les accoucher.
2- De l’autre côté des sages femmes Égyptiennes pouvaient naturellement être plus enclines à suivre les directives (v.16) du Pharaon. Cela est évident, surtout dans un contexte de haine des Égyptiens à l’égard des Hébreux (v.12).
3- Le Pharaon pouvait davantage croire l’explication donnée par des sages femmes Égyptiennes sur l’échec de la mise en œuvre de son plan. Il n’est pas certain qu’il ait cru cette explication mais disons que l’absence de conséquence, pour un mensonge au roi, confirmé indirectement par la bénédiction (par Dieu) subséquente, laisse penser que le pharaon a eu au moins une foi raisonnable dans cette explication.
4- Cet argument repose sur la réponse des sages femmes au pharaon sur l’échec de leur mandat. Que la raison donnée ait été la vraie ou non, cela ne change rien car il fallait qu’au moins celle-ci ait eu l’air légitime dans l’esprit de Pharaon. On se serait attendu à ce que des sages femmes Égyptiennes invoque plutôt le temps de se rendre dans le pays de Goshen. Mais c’est la vigueur des femmes (v. ) qui les aurait empêché d’accoucher les femmes et de se débarrasser des enfants mâles. Des sages femmes Hébreux auraient dû connaître cette vigueur et agir en conséquence. Et si la vigueur était la raison pour arriver trop tard, on est en droit de se demander pourquoi il y aurait eu des sages femmes chez les Hébreux. Tandis que des sages femmes Égyptiennes elles, devaient compter sur leur expérience avec des femmes Égyptiennes (v. ) et c’est la raison pourquoi elles arrivaient trop tard. Bien sûr on n’était pas là et on ne peut reconstituer parfaitement la situation réelle des sages femmes. Aussi il n’est pas impossible que des sages femmes juives aient eu à accoucher des femmes Égyptiennes.
POUR DES SAGES FEMMES HÉBREUX :
1- Surtout dans un contexte de persécution contre eux, les femmes Hébreux, devaient être naturellement plus enclines à préférer des sages femmes Hébreux, parlant leur langue et suivant leurs façons de faire. Mais il est toujours possible que les sages femmes Hébreux aient été écartées justement à cause de cette nouvelle politique génocidaire.
2- Les noms de ces sages femmes sont des noms Hébreux et pas Égyptiens. Le Dr Kaiser réplique qu’il arrivait que des femmes Égyptiennes portent des noms Hébreux. Mais deux sur deux dans un contexte de haine des juifs est peut-être un peu fort le café.
3- Ces femmes ont eu la crainte de Dieu pour ne pas accomplir les ordres du Pharaon. Encore là, le même docteur dit que des femmes Égyptiennes, malgré leur polythéisme, avoir ce genre de crainte qui est dans le cœur de tout homme. La cruauté de cette mission, ainsi que l’action de Dieu dans leur cœur afin de protéger son peuple, peu avoir été la source de cette crainte.
4- La bénédiction de Dieu sur la maison de ces femmes paraît plus légitime envers des juives. Mais Dieu a aussi dit qu’il bénirait ceux qui béniraient son peuple (Genèse 12.3).
POUR LES DEUX GROUPES :
1- La désignation de ces sages femmes peut permettre les sages femmes des deux groupes : « sages femmes des Hébreux » et non « sages femmes Hébreux ».
2- Les sages femmes étaient en mesure d’évaluer la différence de performance des femmes Égyptiennes et des Hébreux. Cette différence devait avoir été apprise sur le terrain. C’est peut-être ce que sous autant les mots « quand vous accoucherez les femmes des Hébreux ». Qu’est-ce qui est le plus facile à envisager, des sages femmes Égyptiennes accouchant aussi des femmes Hébreux ou l’inverse?
CONCLUSION : Après avoir considéré tous ces arguments, nous croyons que ces sages femmes étaient Égyptiennes.
QUESTION 9 : Est-ce que deux sages femmes pouvaient à elles seules s’occuper de toutes les femmes enceintes?
De toutes évidences non!. Comment deux accoucheuses auraient pu s’occuper d’une nation de peut-être un demi-million de personnes? Il faut donc assumer que ces deux femmes nommées n’étaient pas seulement des sages femmes mais les responsables des sages femmes. Le texte ne nous donnerait pas tous les détails de leur organisation.
QUESTION 10 : Comment le Pharaon a-t-il pu s’imaginer que cette politique fonctionnerait?
Pensait-il vraiment que les femmes juives, allaient restés sans s’avertir les unes les autres pour éviter ce massacre? Après quelques garçons kidnappés et tués, on imagine qu’elles se seraient passées le mot afin qu’aucune femme ne fassent appel à leur service.
QUESTION 11 : Ces sages femmes ont-elles mentis au Pharaon?
Elles l’ont peut-être fait par crainte du pharaon. Mais c’était risqué de mentir au pharaon. Si ces sages femmes étaient Égyptiennes, il était plausible qu’elles arrivaient effectivement en retard, ne connaissant pas la vitalité des femmes Hébreux. Elles n’auraient alors pas dit toute la vérité mais sans mentir. À leur réponse, le pharaon a pu conclure que les femmes Hébreux avaient eu le temps de cacher l’enfant avant leur arrivé, ce qui expliquerait pourquoi il n’est pas revenu avec une deuxième question du genre : mais alors qu’avaient vous fait avec les enfants mâles une fois sur place? Dieu a-t-il joué un rôle dans cette affaire pour protéger ces sages femmes en aidant le pharaon à croire ces sages femmes?
QUESTION 12 : De quelle façon ces femmes ont craint Dieu?
Le texte est clair : « elles n’obéirent pas au pharaon : elles laissèrent la vie sauve aux garçons ». Elles auraient pu les tuer et elles ne l’ont pas fait. C’est pour cela qu’elles ont été bénies. Elles ne sont peut-être pas arrivées du tout en retard et ont accouché les femmes ou elles sont arrivées en retard mais n’ont pas mis la main sur l’enfant qui était là quelque part dans la pièce. On ne peut donc affirmer que leur crainte de Dieu a exigé d’elle un mensonge. Et même si elles ont menti, on ne peut pas affirmer que Dieu les a bénies pour leur mensonge.
Questions sur L’Exode, Chapitre 2
QUESTION 1 : Pourquoi la mère de Moïse ne pouvait cacher l’enfant plus de trois mois (v.2,3)?
Il est possible que ce soit à cause des cris de l’enfant, réclamant son lait, qui augmentait en volume. Ou bien parce que la surveillance devenait de plus en plus étroite. Cela nous révèle que, soit des Égyptiens habitaient le pays de Goshen, ou soit qu’il y avait des gardes Égyptiens faisant des rondes dans les quartiers juifs.
QUESTION 2 : Pourquoi la mère de Moïse opta pour la solution d’un panier dans le fleuve (v.3)?
Pourquoi ne pas l’avoir caché chez un voisin éloigné? ou avoir clandestinement quitté le pays? Il est certain que la mère a choisi le moyen le plus sûr de garder l’enfant en vie. On peut donc en conclure que la surveillance Égyptienne devait être très étroite mais moins le long du fleuve, les autorités se disant sans doute que les femmes n’utiliseraient pas cette voie. Et il est probable que les femmes Juives côtoyaient les femmes Égyptiennes le long du fleuve pour le lavage du linge ou simplement pour la baignade. Elles pouvaient compter sur la compassion de ces dernières. Le gouvernement Égyptien n’avait peut-être pas prévu cette échappatoire ni des représailles sur les femmes Égyptiennes qui porteraient secours. C’était la porte de secours aménagée par Dieu. Les servantes de la fille de Pharaon ont tout de suite identifié la provenance de cet enfant : « c’était un petit des Hébreux. » montrant peut-être par cela que c’était une pratique connue. Des docteurs croient que la formulation « sur la rive du Nil » n’implique pas nécessairement le fleuve lui-même mais des canaux environnants. Mais cette explication n’est pas nécessaire car les crocodiles étaient rares dans le Delta et le courant très modéré à cause des joncs.
QUESTION 3 : Pourquoi la princesse accepta de recueillir cet enfant (v.6)?
Comme n’importe quelle femme, la vue de ce bel enfant en pleur, toucha son cœur. Ne pas le recueillir l’exposait à la mort. Mais la princesse devait certainement être au courant du décret du Pharaon son père. Ne risquait-elle pas la colère de son père sans parler du mécontentement de son conseil? Mais l’adoption, faisant de cet enfant un Égyptien et contribuait à la politique du Pharaon de rééquilibrer la démographie dans le pays.
QUESTION 4 : Pourquoi accepta t’elle la proposition de la sœur de Moïse (v.8)?
La fille de Pharaon devait vivre dans un cercle fermé au palais royal, au milieu surtout d’autres compagnes et servantes vierges. L’allaitement de cet enfant pouvait donc constituer un problème dans ce contexte. La princesse a probablement accepté cette offre parce que, sur le moment, elle ne voyait pas d’autres solutions? La question de la sécurité de cet enfant ne se posait plus si la fille de Pharaon le protégeait ou mieux si Pharaon était au courant de la situation et l’acceptait.
QUESTION 5 : La mère de Moïse avait-elle prévu un tel scénario (v.8-10)?
La présence de sa sœur est peut-être un simple fait de curiosité de sa part (v.4), totalement ignoré de la mère, mais cela aurait été surprenant de la part d’une mère aimante. Yoshébed (Exode 6.20) a donc dû mandater sa fille de surveiller la scène pour voir ce qui arrivait à son fils et de le secourir si jamais la situation ne tournait pas comme prévu. La mère n’avait probablement pas comme plan de livrer l’enfant au fleuve advienne que pourra car cette situation n’était guère mieux que celle qu’un Égyptien trouve son enfant. Elle devait connaître les habitudes des femmes ou des filles égyptiennes et s’être dit qu’une d’elle pourrait avoir compassion de son fils tellement beau. En fin de compte la maman a pu non seulement garder son fils en vie, mais a pu le ravoir et l’allaiter elle-même pour plusieurs années, avec en plus un salaire pour le faire. Dieu a fait au-delà de ce que cette mère avait espéré.
QUESTION 6 : Dieu était-il au contrôle de cette adoption (v.10)?
Poser la question c’est y répondre. Il y avait toutefois un danger réel que Moïse abandonne complètement la foi juive et devienne comme ses parents des polythéistes et même des dieux eux-mêmes. Moïse avait en revanche la faveur de Dieu (Actes 7.20). Comme Jésus-Christ, Moïse devait connaître la gloire avant de s’identifier à la pauvre condition des hommes (Hébreux 11.24-27). Dieu avait aussi prévu donner à Moïse la meilleure des formations pendant quarante ans (Actes 7.23) afin de le préparer à sa mission de rédempteur, de législateur et de dirigeant de la nation juive. Il fût instruit dans toute la science des Égyptiens et il devint un homme dont la parole et les actions avaient des effets remarquables (Actes 7.22).
QUESTION 7 : De quel Pharaon s’agit-il (v.5)?
1 Rois 6.1 établi la date de l’Exode à l’année 1446 av J-C. En remontant le temps de 80 ans on en arrive à la date de 1526 av JC pour la naissance de Moïse (Exode 7.7). À cette date c’est le Pharaon Ahmosis qui est sur le trône. Il a régné de 1549 à 1524. Il est probablement le même roi qu’en 1.8.
QUESTION 8 : Comment et pourquoi MoÏse s’est-il intéressé au peuple Hébreux (v.11)?
Moïse est resté environ trois ans avec sa mère qui l’allaitait. Il est certain que sa mère a dû profiter de ces moments pour communiquer à son fils la foi juive et sa culture. Mais qu’est-il resté de tout cela une quarantaine d’années plus tard? La fille de pharaon, et encore plus le Pharaon, ont sûrement voulu faire de Moïse un vrai Égyptien. Le nom Moïse a une connotation Égyptienne par la syllabe sis signifiant« fils » en Égyptien et qu’on retrouve dans les noms des Pharaons Ahmosis, Thoutmosis, et Ramsès. Mais sa mère fit « une erreur majeure », en lui donnant le nom « rescapé des eaux » (v.10). Ce nom rappelait à Moïse son histoire et ses origines. Il serait surprenant que Moïse n’ait pas au moins une fois demandé à sa mère « pourquoi je m’appelle Moïse? ». Ainsi nous croyons que malgré toute la pression de la culture Égyptienne et de la royauté, Moïse devait savoir qu’il n’était qu’un fils adoptif en Égypte et que sa vraie famille était juive. Rappelons-nous aussi que Moïse avait la faveur de Dieu. Quand Moïse est allé vers les juifs (v.11), c’est vers ses « frères de race » qu’il y alla.
QUESTION 9 : À quel moment Moïse a-t-il décidé de s’identifier avec les Hébreux (v.11)?
Nous ne parlons pas ici de son âge car nous savons que c’est à l’âge de 40 ans, selon la tradition (Actes 7.23), qu’il alla visiter ses frères. Autrement quand il est allé dans le chantier où travaillait les esclaves Hébreux, avait-il déjà l’intention de les délivrer ou c’est en voyant leur condition de travail, qu’il a décidé de faire quelques choses? On est en droit de croire qu’à quarante ans Moïse avait eu le temps savoir que l’Égypte utilisait des esclaves Hébreux pour son développement, et qu’il connaissait de loin, si pas de prêt, leur condition. Nous pouvons donc imaginez que pendant toutes ces années, Moïse tout en recevant son éducation et en exerçant un certain pouvoir, luttait dans son âme pour ses frères et qu’un jour il a pris la décision comme nous l’explique Hébreu 11.24-26 de se ranger du côté de ses frères et de quitter sa condition de fils de la fille de pharaon afin de venir à leur secours. Le livre des Actes nous indique même qu’il a pris conscience pendant ce temps que Dieu l’appelait à devenir le libérateur de sa nation (Actes 7.25). C’est donc intentionnellement, nous pensons, que Moïse s’est rendu dans les chantiers de construction pour mieux voir leur condition et ce qu’il pourrait faire pour eux ensuite. Ça n’a pas pris de temps qu’il s’est senti obligé d’agir en voyant la cruauté des mauvais traitements (Exode 2.11,12; Actes 7.24).
QUESTION 10 : La réaction de cet Hébreu repris par Moïse est-elle surprenante (Exode 2.11-14)?
A-t-il eu tort de ne pas voir en Moïse le libérateur? On ne sait pas si Moïse avait eu des contacts avec les Hébreux au travers les années mais on a l’impression qu’il est arrivé sur la scène comme un cheveu sur la soupe. Il espérait que le meurtre de l’Égyptien lui attirerait la sympathie des Hébreux mais ce ne fût pas le cas (Actes 7.23-28). Ces Hébreux vraisemblablement ne le connaissait pas. Moïse avait un appel de Dieu à libérer le peuple mais Dieu ne lui avait pas montré encore ni le comment ni le quand. Moïse s’est donc improvisé libérateur. De plus, Moïse avait l’allure d’un Égyptien et il était habillé comme un Égyptien (Exode 2.19). Savait-il au moins parlé l’Hébreux? On ne sait pas en quelle langue Moïse s’est exprimé car ces Hébreux comprenaient sans doute l’Égyptien. On ne doit donc pas être surpris de la réaction de ces Hébreux à son égard.
QUESTION 11 : Qu’est-ce qui explique que Pharaon réagisse si sévèrement envers Moïse (v.15)?
Après tout n’était-il pas le fils adoptif de sa fille? N’était-il pas destiné à une place d’honneur dans le royaume d’Égypte? N’aurait-il pas pu passer l’éponge sur ce meurtre? Et pourquoi sa mère ne pouvait-elle pas plaider en sa faveur? Tout d’abord, il ne faut pas ignorer que cet événement s’est passé quarante ans après la naissance de Moïse et que les acteurs sont complètement différents (Actes 7.23). Ce nouveau Pharaon aussi n’était pas mieux disposé envers les hébreux que les précédant. Si son nom rappelait à Moïse ses origines, il le trahissait aussi devant Pharaon. Moïse n’a pas seulement tué un Égyptien, mais il a pris le parti des Hébreux contre les Égyptiens et cela était peut-être une faute encore plus grave car il menaçait la stabilité du royaume. Aussi cet Égyptien était un officier du Pharaon et pas un simple citoyen. Un bon royaume assoit son pouvoir sur la justice et la sévérité et non sur la grâce qui doit rester exceptionnelle (Ésaïe 26.10).
QUESTION 12 : Pourquoi Moïse s’est-il dirigé vers Madian qui n’était pas à la porte (v.15)?
Le pays de Goshen était plus à l’Est du pays d’Égypte, en direction du pays de Madian. Moïse n’avait pas de lien, ni d’intérêt vers l’Ouest. Au sud, c’était l’Égypte sur une grande distance où le Pharaon avait l’autorité de l’arrêter. Même à l’Est le Pharaon exerçait son pouvoir sur toute la péninsule du Sinaï. Il fallait donc que Moïse aille encore au-delà (Le pays de Madian était au-delà du golfe d’Aqaba en Arabie). Dans ce cas n’aurait-il pas mieux fait de bifurquer au Nord-Est pour entrer en Canaan. L’Égypte y avait des forteresses tout le long du parcourt et les Amoréens étaient plutôt menaçants. Les Édomites et les Moabites n’étaient guère mieux. De leur côté les Madianites étaient des descendants d’Abraham par Ketura (Genèse 25.1,2) et partageait une culture religieuse semblable à celle des juifs (Exode 2.16; 18.7-12).
QUESTION 13 : Comment Moïse a-t-il pu s’imposer sur les bergers (v.17) ?
Moïse avait au moins sa conscience pour lui car il est de la justice de Dieu de venir au secours des opprimés tandis que les bergers avaient eux leur culpabilité et leur honte de s’en prendre à des femmes. Quelle allure avait Moïse? On sait juste qu’il était assez fort pour tuer un garde Égyptien et assez brave pour s’interposer entre deux belligérants juifs. Pour prendre la défense des bergères, il n’était peut-être pas nécessaire de le faire physiquement. Par contre s’ils en sont venus aux coups, Moïse avait possiblement une formation militaire pour l’aider.
QUESTION 14 : Pourquoi les filles rentrèrent plus tôt ce jour-là (v.18)?
Les filles donnèrent la réponse suivante : « Un Égyptiens nous a délivrées de la main des bergers, et même il a puisé de l’eau, et a fait boire le troupeau » (v.19). Mais cette réponse ne dit pas tout. 1- Moïse défendit les bergères mais cela ne dit pas pourquoi elles purent être plus rapides. On le comprend si on suppose que les bergers les empêchaient de puiser avant eux et que celles-ci devaient alors attendre que ces bergers aient fini avec leurs propres troupeaux. Moïse en prenant leur défense a donc permis qu’elles puisent plus tôt. 2- « il a puisé de l’eau » implique une autre supposition que Moïse a puisé plus rapidement qu’elles à cause d’une force supérieure.
QUESTION 15 : Qu’est-ce qui se cache derrière ces mots « Longtemps après, le roi d’Égypte mourut » (v.23)?
Exode 7.7 nous informe que Moïse avait alors 80 ans. On est donc 40 ans plus tard que le pharaon qui en voulait à sa vie (2.15). D’ailleurs, Dieu informa Moïse, en l’envoyant en Égypte, que « ceux qui en voulaient à ta vie sont morts » (Exode 4.19). Difficile de dire, en revanche, depuis quand? Venaient-ils de mourir, ou depuis longtemps. Notre texte nous aide un peu en disant « Longtemps après, le roi d’Égypte mourut ». Un archéologue chrétien affirme que le père (Thoutmosis III) d’Amenhotep II (le roi probable de l’Exode) avait régné 54 ans avant lui. Donc le même pharaon qui venait de mourir serait celui qui avait voulu tuer Moïse quarante ans avant. L’histoire confirmerait alors le récit biblique.
QUESTION 16 : Qu’implique l’adverbe « encore » (v.23).
Ce mot « encore » ne figure pas dans le texte hébreu. Il n’y a pas de doute cependant que les Hébreux gémissaient encore puisque Dieu a dit qu’ils allaient être opprimé pendant quatre cents ans en Égypte (Genèse 15.13). Cette oppression a augmenté avec l’arrivée du nouveau Pharaon (1.8-14), et avec les mesures de plus en plus génocidaires (1.15,16; 1.22). Cet état de chose n’a pas changé même avec la présence de Moïse au palais pendant quarante ans (2.11) et s’est poursuivi pendant toute son absence d’Égypte (2.23-3.2) soit un autre quarante ans.
Mais il est moins certain que les Hébreux ont crié à Dieu pendant toute cette période (v.23) car il n’y a aucune mention de prière avant cette mention ici. Dans toute l’histoire des Juges et des rois, la plus longue période où des étrangers dominèrent sur les Juifs fût de quarante ans (Juges 13.1). Et soixante-dix ans en terre étrangère. Il est donc bien possible que malgré toutes leurs souffrances, les Juifs ne s’étaient pas vraiment tournés vers Dieu pour lui demander une délivrance, sauf depuis peu.
QUESTION 17 : Qu’est-ce qui a motivé Dieu à agir (v.23-25)?
- L’appel du peuple à Dieu : Le texte dit « Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements » (v.23b,24a).
- « Dieu regarda les enfants d’Israël, et il en eut compassion » (v.25). Dieu n’agit pas toujours en fonction de nos prières seules. Sa propre compassion pour ses enfants peut le pousser à agir.
- « et se souvint de son alliance » (v.24b) : Pour intervenir Dieu ne considère pas seulement notre condition ou nos prières mais ce qu’Il est, ce qu’il a promis, sa fidélité. Ici, Dieu se souvint de son alliance aux patriarches, de ses engagements envers eux. Quand la Bible dit que Dieu se souvient, ça veut dire aussi qu’il a décidé d’agir et qu’il va le faire. Dieu n’est pas divisé en lui-même comme nous : « l’esprit est bien disposé mais la chair est faible ». Ses intentions sont ses actions. Ce souvenir de Dieu est à la base de sa décision d’agir et cet ce souvenir qui a motivé Dieu à se révélé à Moïse à Horeb (chapitre trois).
Questions sur L’Exode, Chapitre 3
QUESTIONS-RÉPONSES
LIVRE DE L’EXODE
Question 1 : Où se trouvait le territoire de Madian (v.1)?
Madian se trouvais vraisemblablement à l’Est du Golfe d’Aqaba (voir carte sur la Toile).

Question 2 : Où se trouvait le mont Horeb (ou Sinaï) (v.1)?
Traditionnellement on a situé ce mont au sud de la péninsule du Sinaï mais aujourd’hui, par suite de nouvelles découvertes archéologiques, la tendance est plus de voir ce mont en Arabie (Galates 4.25) de l’autre côté du golfe d’Aqaba. (voir une carte sur la Toile). Ce qui rend plus compréhensible que Moïse en Madian ait mené son troupeau à cet endroit lui-même en Madian.

Question 3 : Pourquoi Dieu a-t-il choisi de se révéler ainsi (v.2)?
Pour attirer ans aucun doute l’attention de Moïse qui autrement n’aurait porté aucun intérêt à ce buisson. Un buisson qui brûle sans personne autour, c’était déjà intrigant mais pas impossible. Mais un buisson qui brûle sans se consumer ça ce n’est pas normal. Ce buisson brûlait mais ne dégageait aucune fumée noire, il ne crépitait pas, il ne rougeoyait pas, ses tisons ne tombaient pas et probablement ne dégageait aucune chaleur. Il y a de quoi s’approcher pour étudier le phénomène.
Que Dieu se révèle sous la forme d’un feu, c’est très courant dans la Parole (Ex 13.22; 19.18; 24.17…. ). Dieu est lui-même appelé un feu dévorant (Deut 4.24). Le feu a plusieurs vertus : Il éclaire, il chauffe, il éprouve, il révèle, il brûle et consume. Dans La parole il représente le jugement de Dieu sur toute chose et sur tous les êtres. La sainteté de Dieu fait qu’il ne tolère rien dans sa présence, dans son royaume qui ne soit pas parfait, bon, beau. Tout dans l’entourage de Dieu a été éprouvé, évalué et approuvé (1 Cor 3.12-15). Moïse ne pouvait même pas entrée dans la présence de Dieu avec ses sandales pleines de la poussière de ce monde. C’est aussi vrai moralement et c’est pourquoi aucun pécheur non purifié ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Le Saint-Esprit est un feu (Luc 3.16) qui juge nos cœurs et qui en enlève tout ce qui n’est pas pur, noble, digne de Dieu. C’est pourquoi, nous passons par des épreuves afin d’enlever de nos vies toutes impuretés morales.
Dans la Parole les arbres représentent parfois les hommes (Juges 9.8-15; Ps 1.3; Prov 11.30; etc.). Un arbre en feu pouvait donc représenter un homme ou un peuple qui passe ou qui a passé par le feu. Cet arbre, peut donc être Moïse lui-même ou le peuple d’Israël qui passe ou est passé par le feu purificateur de Dieu depuis quarante ans (Moïse), depuis plus longtemps pour le peuple d’Israël. Mais Dieu a bien fait attention que toutes ces épreuves n’aient pas consumé, détruit, anéanti, Moïse et son peuple.
Question 4 : Doit-on identifier l’ange de l’Éternel avec l’Éternel lui-même (v.2)?
L’apparition sous la forme d’un feu ne prouve rien. Dans Exode 24.17 Dieu est comparé à un feu dévorant alors que Dans Deutéronome 4.24 comme ailleurs Dieu est appelé un feu dévorant. Mais dans Hébreu 1.7 nous dit que Dieu fait de ses anges une flamme de feu. Aussi dans Apocalypse 10.1 dit aussi qu’un ange puissant avait ses pieds comme des colonnes de feu. Le royaume de Dieu détruit tout ce qui n’est pas éternel, ce qui est contraire au contraire au royaume de Dieu. Il n’est donc pas étonnant qu’autant Dieu et ses serviteurs prennent l’apparence d’un feu.
Cependant au verset 4 de notre texte il est dit que c’est l’Éternel lui-même qui parle du milieu du buisson alors qu’au verset 2 c’était l’ange qui lui parlait. Puis ensuite Moïse a peur de regarder Dieu dans le buisson alors que la seule chose visible auparavant était le feu de l’ange dans le buisson. On peut donc conclure que l’ange et Dieu sont la même personne. Mais puisque la bible nous parle de la Trinité en Dieu, la personne divine qui se trouve dans le buisson n’est pas le Père dans la Trinité mais le Fils. Le mot ange peut se traduire « envoyé » qui s’applique dans la Parole à Jésus-Christ (Jean 3.34). le mot « ange » appliqué à Jésus ne remet pas en cause sa divinité car il est un ange non dans sa nature (Hébreux 1) mais dans sa fonction (envoyé; messager). De plus cet ange n’est pas un simple ange, il s’agit de l’Ange de l’Éternel qui est souvent de fois associé à Dieu ailleurs dans la Parole : Genèse 16.7; 22.11; Nombre 22.31; Juges 6.11; etc.
Question 5 : D’où vienne ces nations et où se situaient-elles dans le pays (v.8)?
Voici la carte pour les situer :

Question 6 : Comment expliquer ce changement d’attitude chez Moïse (v.11) qui autrefois ne craignait pas le Pharaon et se pensait capable de délivrer les Hébreux par ses forces (2.11-14; Hébreux 11.24-27)?
Moïse est effectivement très différent car il se sent incapable d’affronter Pharaon (3.11), il doute que les siens vont le reconnaître comme leur libérateur (Ex 4.1); il se considère handicapé au niveau de la parole (4.10); il désire que Dieu envoi quelqu’un d’autre (4.13). Est-ce uniquement son meurtre sur la conscience (2.12), son rejet par ses frères (2.13,14), le désir du Pharaon de le tuer (2.15) qui ont métamorphosé l’homme? Cela a pu jouer c’est sûr mais on remarque que Moïse a toujours l’âme d’un libérateur ensuite (2.17).
Moïse a ici quarante ans de plus que quand il a fait sa tentative de délivrance du peuple (Actes 7.23,30). Entretemps Moïse s’est marié (2.21) et a eu un enfant (2.22) même deux (1 Chro 23.15). Et il est devenu le berger des troupeaux de Jethro (son beau père (3.1). Et il pouvait se douter que le Pharaon ne serait plus le même (Exode 2.23), ce que Dieu lui a confirmé seulement après : Exode 4.19).
Pendant ces quarante ans à paître les brebis, il n’est mentionné aucune rencontre avec Dieu. Moïse ne connaît même pas son nom (3.13). On peut donc conclure que c’est le métier de berger et le temps qui a transformé notre Moïse. Il est intéressant de constater que Dieu lui-même se compare à un berger (Psaume 23), et que plusieurs des grands hommes de Dieu dans l’Ancien Testament furent, avant d’être utilisés par Dieu, des bergers. Moïse était habitué au confort du palais royal, à vivre confortablement, à se voir au-dessus des autres, à être traité comme supérieur au reste des hommes, à diriger, à se faire obéir. Mais comme berger il a dû apprendre une tout autre situation, une vie exposée aux éléments de la nature, une vie au service de brebis stupides, une vie de soins et de pourvoyeur, une vie en contact avec la nature et le silence. Pendant quarante ans Dieu avait formé la tête et le corps de Moïse, pendant ces quarante autres années, il allait former son cœur, dont l’humilité. Il a appris à diriger des brebis pour être capable un jour de diriger un troupeau d’homme avec un cœur pastoral.
Question 7 : Pourquoi fallait-il que Moïse retire ses sandales (v.5)?
Que pouvait bien changer un peu de poussière de plus sur un tas de poussière. Bien sûr, l’endroit du buisson n’était pas plus saint, ni plus pur, ni plus propre que le reste de la montagne. La sainteté de ce lieu était dû à la présence du Dieu saint. Cette présence devait certainement être honoré par la conduite, par les paroles de Moïse, comme on le fait en présence d’un roi humain. Mais pourquoi enlever des sandales? Qu’est-ce que ça changeait?
Dieu n’avait rien contre les sandales de Moïse mais elles représentaient quelque chose que Dieu ne voulait pas en sa présence. Ces sandales pleines de poussière représentaient la marche de Moïse dans le monde, dans la poussière morale de ce monde. La poussière parle de la mort (Genèse 3.19). Si Moïse était pour communier avec Dieu, s’il était pour le servir, tout ce qui était du monde devait être mis de côté, abandonné, enlevé. Jusqu’à présent Moïse avait pensé être le libérateur des juifs, et il avait employé des moyens humains pour les libérer. À partir de maintenant, Dieu devait être ce libérateur et Moïse devait utiliser les méthodes divines.
Puisqu’il y a eu une suite à cette rencontre avec Dieu, on peut conclure que Moïse a enlevé des sandales. Sinon, il n’y aurait pas eu de Loi, de commandements, de tablettes. Moïse n’aurait pas vu la gloire de Dieu. Si nous voulons voir et entendre Dieu, il nous faut mettre de côté la poussière du monde, le mal de ce monde.
Question 8 : Pourquoi décrire la prospérité, la beauté, l’abondance d’un pays par les mots « un pays ruisselant de lait et de miel » (v.8)?
Le lait fait référence aux pâturages riches que les troupeaux pouvaient brouter. Le miel lui indique que ce pays était fleuri permettant aux abeilles de butiner. Et cette verdure, ces fleurs, ces arbres en fleurs dépendaient de l’irrigation abondante de ce pays. Le pays d’Israël était un pays de collines et de vallées parcouru par de nombreux cours d’eaux, des cascades et de chutes, parsemé de champs d’arbustes. Pas étonnant que les fruits (Nb 13.23) et probablement les légumes y étaient exceptionnels. En voyant que Dieu a voulu un environnement idéal pour Adam, on n’est pas surpris qu’il ait voulu placer son peuple dans un endroit paradisiaque.
Question 9 : Moïse avait-il raison de se sous-estimer (v.11)?
« Qui suis-je » On est à l’antipode de la pensée moderne « crois en toi » « tu es capable ». Non! Dieu n’était pas mal-à-l’aise avec ces paroles de Moïse. S’il a été dans le désert pendant quarante ans c’est justement pour qu’il le réalise : « Qui suis-je pour aller vers pharaon? ». Enfin Moïse avait une juste vue de lui-même et Dieu pouvait l’utiliser. Ce sentiment d’impuissance n’était pas un problème comme beaucoup le croient car Dieu avait la solution « Je serais avec toi » (v.12). À la fois, il n’était rien devant Pharaon et à la fois Pharaon n’était rien devant Dieu. C’est quand l’homme se vide de soi-même que Dieu peut le remplir de lui.
Question 10 : Un signe qui se réalise ensuite est-ce un signe (v.12)?
Oui! mais il ne sera vérifiable qu’après coup. Il devait être saisi par la foi et n’aidait pas à la foi comme les signes avant coup de Gédéon ( ). Il jouait le rôle d’une prophétie, d’une promesse dans ce cas. On peut parler d’un signe d’une intervention de Dieu car la sortie d’Égypte et l’arrivée au Sinaï a demandé de nombreux miracles.
Question 11 : Que signifie ce nom « Je suis » (v.14) ou la forme plus allongé « Je suis qui je suis » (v.14)?
Ce nom contrastait avec Moïse qui disait « Qui suis-je ». Dieu lui est tout, « Il est » ou à la première personne « Je suis ». Il n’y a rien que Dieu n’est pas. En lui se trouve toute la réalité visible ou invisible, tout vient de lui. Et il est éternellement. « Je suis qui je suis » marque une accentuation à la manière de Jésus « En vérité en vérité ». Cela donne Yahwé en Hébreu alors que Jéhovah est une interpolation des voyelles d’Adonaï entre les consonne YHW.
Question 10 : Doit-on utiliser le nom Jéhovah encore aujourd’hui pour appeler Dieu (v.13-15)?
C’est ce qu’on pourrait conclure selon les mots « C’est ainsi qu’On m’invoquera d’âge en âge ». Pour commencer disons que Jéhovah a été formé en prenant les voyelles du nom Adonaï pour les intercaler entre les consonnes du tétragramme YHWH. Les juifs pensent qu’on prononçait plutôt ce nom Yahvé. Mais personne n’est absolument certain de sa prononciation précise car les juifs n’écrivaient pas les voyelles et comme les juifs, par peur de prendre le nom de Dieu en vain ne le prononçait pas non plus oralement. On a donc perdu cette prononciation exacte. Donc insister qu’il faille absolument utiliser le nom Jéhovah ne convainc pas.
Il y a un autre problème pour nous qui ne parlons pas l’hébreu, faut-il utiliser le nom Yahvé qui ne signifie rien pour nous ou plutôt utiliser sa traduction « Je suis »? La Jérusalem a utilisé le nom Yahvé, la TOB le nom Seigneur, et les versions Segond, que nous utilisons, ont choisi plutôt la deuxième option en traduisant « l’Éternel » afin d’y aller plutôt avec le sens de ce nom.
Les Témoins de Jéhovah disent que c’est la manière de sanctifier le nom de Dieu en l’appelant Jéhovah (Matthieu 6.9). Mais dans tous le Nouveau Testament, il n’y a aucun commandement à appeler Dieu Jéhovah ou mieux Yahvé. Jésus appelle constamment Dieu son Père, les apôtres emploi le nom théos (Dieu) en grec, ou le nom kurios (Seigneur), ou le nom Père. Mais pas de nom Yahvé et encore moins Jéhovah. Dans le nom Jésus en revanche, constamment utilisé par les auteurs du Nouveau, vient du nom Hébreu « Yahvé est salut ». Donc les chrétiens ne doivent pas penser qu’il n’utilise pas ce nom pour Dieu.
Quant à la prière « Que ton nom soit sanctifié » c’est plutôt une demande à Dieu de faire honorer tout ce qu’il est (Je suis) sur terre. C’est une demande que les chrétiens reflètent Dieu dans leur vie, sa sainteté. Pour les gens du monde qu’ils le reconnaissent comme Dieu et qu’ils l’adorent.
Question 11 : Dieu aurait-il une main (v.20)?
Jésus a été clair « Dieu est esprit » (Jean 4.24). Il n’a donc pas de corps comme nous l’entendons. Mais cela ne veut pas dire que Dieu n’a pas un corps spirituel. Voyez cette description « physique » de Dieu dans Exode 33.18-23. Il n’est donc pas impossible que Dieu agisse avec ce corps spirituel. D’ailleurs les anges, qui sont aussi des esprits, prennent des « corps » et touchent les hommes (2 Sam 24.16; 1 Rois 19.5,7; etc.). Dieu et ses anges ont mangé de la nourriture que leur présentait Abraham (Genèse 18.1-8)
Mais beaucoup de docteurs de la Parole croient plutôt qu’il s’agit d’anthropomorphismes, où Dieu se décrit comme s’il était un homme et agissait comme le font les hommes, pour nous aider à comprendre qu’il va intervenir.
Question 12 : le mot miracle est-il approprié pour les plaies d’Égypte (v.20)?
L’Hébreu signifie littéralement « choses étonnantes » et est traduit en français par « des merveilles », « des prodiges », « des miracles ». Donc pas besoin de rechercher nécessairement des phénomènes défiants l’ordre naturel, défiants les lois physiques, dans le sens de complètement différent de ce que l’on voit habituellement dans le monde. En vérité, la plupart des plaies d’Égypte sont des événements qui se produisent dans la nature : Poux; mouches qui piquent; peste; ulcères; grêle; sauterelles; noirceur (éclipses ou volcan). Ce qui n’est pas naturel, par contre, est leur ampleur démesurée. Mais il y avait aussi des prodiges qu’on peut qualifier de miracles, de choses qu’on ne voit pas dans la nature : La verge changé en serpent; l’eau changé en sang (pris au sens littéral et pas seulement eaux rouges); une invasion de grenouilles dans les maisons; des épidémies qui distinguent entre Égyptiens et Hébreux, ou encore une noirceur chez les Égyptiens mais pas chez les Hébreux; des premiers-nés seulement qui meurent mystérieusement.
Ceux donc qui ne veulent qu’y voir des phénomènes naturels et pas l’action de Dieu ne sont pas honnêtes intellectuellement et ne tiennent pas compte de la description qu’en fait le texte. Ils sont guidés par leur préjugés anti-Dieu et anti-miracles.
Question 13 : Doit-on accuser le peuple Dieu et Israël de vol (v.21,22)?
Puisque les Hébreux ont dépossédé les Égyptiens ont pourrait toujours parler de vol. Mais ce n’est pas le cas pour deux raisons : Les Hébreux ont demandé ces choses aux Égyptiens qui le leur ont donné volontairement et sans contrainte. Dieu a fait en sorte que les Égyptiens soient favorables aux Hébreux (v.21). Deuxièmement, les Égyptiens, pendant longtemps, s’étaient enrichi sur le dos des Hébreux en les exploitant comme esclaves. Les Égyptiens étaient en dette envers les Hébreux pour ne pas les avoir traités dignement mais aussi pour ne pas leur avoir donné un salaire mérité. Les Hébreux ont pris ce qui était à eux.
Questions sur L’Exode, Chapitre 4
Question 1 : Pourquoi Moïse est-il autant pessimiste (v.1)?
Après tout il a vu un buisson en flamme qui ne se consumait pas (Ex 3.1). Il a entendu Dieu lui parler (Ex 3.4), le rassurer (Ex 3.12). Dieu lui a même dévoilé son nom, l’a assuré du succès de sa mission (3.18, 20,22), malgré l’opposition (Ex 3.19). Mais Moïse dit encore que le peuple ne croira pas (4.1). Pourquoi en est-il aussi sûr? Était-ce parce que le peuple l’avait déjà rejeté par le passé (Ex 2.14)? Était-ce sa peur de pharaon (Ex 4.19). Était-ce son manque de confiance en Dieu?
C’est vrai que Dieu n’avait pas encore fait les signes devant lui (Ex 4.2-9) et que Dieu ne l’avait pas rassuré sur son pouvoir de corriger son problème d’élocution mais la vraie raison c’est qu’il ne plus retourner en Égypte (4.13), il ne voulait pas obéir à cette volonté divine pour libérer le peuple. Et c’est pourquoi Dieu d’ailleurs s’est fâché avec lui (Ex 4.14) et lui a montré qu’il n’avait pas le choix d’y aller.
Question 2 : Dieu ignorait-il l’avenir (v.8,9)?
Dieu a l’habitude de jouer le rôle d’un simple homme quand il s’adresse aux hommes. Mais pourquoi agir ainsi? Pour ne pas effrayer son interlocuteur? Pour provoquer l’interaction? Par considération pour l’homme fait à son image? Pour nous montrer que Jésus s’est fait homme bien avant son incarnation et que c’est l’avenir qu’il se réserve, être homme avec les hommes. Ou encore est-ce par qu’il est humble et ne veut pas se montrer supérieur. C’est un peu toutes ces réponses.
Question 3 : Était-ce sage de prendre le serpent par la queue (v.4) ?
En temps ordinaire ce n’est pas la chose à faire mais puisque ce serpent se changea aussitôt en bâton, il n’y avait pas de danger.
Question 4 : Moïse avait-il un problème d’élocution (v.10)?
Selon lui oui! Et selon lui encore ce problème ne datait pas d’hier. En hébreux qu’il a la bouche et la langue lourdes. Pourtant Étienne nous dit que Moïse était un homme puissant en paroles (Actes 7.22). Et ce problème n’apparaît pas lors de son intervention entre ses frères (2.13). Faudrait-il interpréter cette puissance en paroles, non pas comme une facilité de paroles mais comme une autorité en parole par le fait d’être prince d’Égypte? Ou avait-il trop manqué de pratique par la suite en étant le plus souvent avec des brebis? Ou encore Souffrait-il, depuis ses échecs passés, de timidité qui lui nuisait (3.11). En tous cas, la réponse de Dieu tend à confirmer ce problème (4.11,12) ainsi que l’aide de son frère Aaron (v.14).
Question 5 : N’aurait-il pas été plus simple de guérir Moïse plutôt que de lui adjoindre son frère (v.14)?
Pour Dieu rien n’est plus simple ou plus compliqué. Mais Moïse n’a rien demandé. S’il ne l’a pas guéri, c’est que Dieu voulait cette faiblesse dans la vie de Moïse qui avait bien d’autres atouts par son éducation. Cela nous rappelle la faiblesse dans la vie de Paul (2 Corinthiens 12.9). La faiblesse nous ralenti mais l’orgueil nous disqualifie. On voit bien dans la Parole que Dieu aime que la tâche d’une mission soit portée à plusieurs (Luc 10.1). Aaron a sans doute porté plus d’une fois les bras de Moïse par son soutien (Exode 17.12). Moïse jouerait le rôle de Dieu (celui qui commande) et Aaron de porte-parole (prophète) (4.15-17). Aaron a pu servir d’intermédiaire auprès du peuple hébreu qui le connaissait davantage que Moïse (Ex 4.29). Aaron allait également jouer un rôle de souverain sacrificateur ensuite avec ses enfants.
Question 6 : Pourquoi préciser « Aaron le Lévite »?
Moïse connaissait déjà ce fait. Aaron ton frère aurait suffi pour identifier de quel Aaron il s’agissait. En quoi Aaron était plus Lévite que les autres? Il semble que Dieu a voulu indiquer dès ce moment qu’Aaron deviendrait le souverain sacrificateur.
Question 7 : Pourquoi Aaron serait-il si heureux de revoir son frère?
Était-ce uniquement le fait de revoir son frère après tant d’années? Laissez-moi en douter. Je crois que Dieu avait informer du rôle de libérateur que son frère allait jouer et lui a ses côtés.
Question 7 : En quel sens Moïse serait Dieu (v.16)?
Il ne faut pas exagérer cette notion. Le verset 15 explique ce à quoi Dieu pensait. Moïse aurait le leadership et devait dire à Aaron ce qu’il avait à dire et à faire devant Pharaon. Puis devant le Pharaon Aaron parlait et prenait le bâton de Moïse quand venait le temps de faire un signe (Exode 7.8-10).
Question 8 : Pourquoi ces signes devaient être opérés par l’entremise du bâton (v.17) ?
Un berger faisait beaucoup de choses avec son bâton : Ce bâton l’aider à la marche et à guider, corriger, et délivrer les brebis. Le berger s’en servait aussi pour éloigner les bêtes sauvages. Le Bon Berger allait se servir du bâton de Moïse pour conduire son peuple, pour exercer l’autorité sur son peuple et sur ses ennemis. Ce bâton devait également prophétiser la croix de Jésus-Christ par laquelle il va délivrer son peuple et triompher de ses adversaires (Satan, les démons et tous les opposants).
Question 9 : Moïse a-t-il menti à Jethro (v.18) ?
Non! Pour rester dans la vérité, on n’a pas besoin de dire toute la vérité. Il n’est pas faux que Moïse voulait savoir ce qui arrivait à sa famille en Égypte. Et Jethro a compris ce désir après quarante ans de séparation : « Va en paix ». Moïse n’était pas obligé de lui parler de l’appel de Dieu. Peut-être que Moïse ne voulait pas que son beau père s’y oppose par incompréhension ou incrédulité.
Question 10 : Pourquoi Dieu parle t’il de « tous ceux qui en voulaient à ta vie sont morts » (v.19) ?
Pharaon n’avait-il pas été le seul à avoir voulu la mort de Moïse (Ex 2.15)? Évidemment Pharaon avait ses conseillers, il n’agissait pas seul. Ceux-ci avaient certainement réclamé la mort de Moïse. Cette mort de Pharaon correspond à celle mentionné en Exode 2.23 car le père d’Aménoteph II, Thoutmosis III, a régné cinquante-quatre ans sur le trône d’Égypte. Il peut donc être le Pharaon qui voulait la mort de Moïse quarante ans plus tôt.
Question 11 : Qui a endurci le cœur de Pharaon, lui-même ou Dieu (v.21)?
Cette question est débattue : Neuf fois il est dit que Pharaon a endurci son cœur. Et neuf fois il est dit que Dieu a endurci son cœur (4.21; 7.3; 9.12; 10.1,20,27,11.10; 14.4,8). Plus une autre fois que Dieu a endurci le cœur des Égyptiens. Quand on regarde cela comme cela on pourrait affirmer que Pharaon a autant endurci son cœur que Dieu l’a endurci. On est mal-à-l’aise que Dieu ait endurci seul le cœur de Pharaon.
Mais lorsqu’on détaille un peu plus on trouve ceci : C’est par deux fois que Dieu a déclaré vouloir endurcir le cœur de Pharaon (4.21; 7.3) avant même que Pharaon soit confronté à ce choix. Comment donc Pharaon aurait-il pu ne pas endurcir son cœur quand Dieu a fait cette déclaration? Quand donc il est dit que Pharaon endurci son cœur il faut le comprendre, non pas comme une attitude autonome de Pharaon mais comme la confirmation que Dieu a fait exactement ce qu’il a dit. D’ailleurs pour être plus exact, il est dit six fois sur neuf que « le cœur de Pharaon s’endurci » (7.13,14,22; 8.19; 9.7,35) et seulement trois fois que « Pharaon endurci son cœur » (8.15, 32; 9.34), ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Et c’est quant à la fin où Pharaon avait le plus de pression pour changer d’idée qu’il est dit que Dieu a endurci son cœur (9.12; 10.1,20,27; 11.10; 14.4,8). Et c’est unilatéralement que Dieu a endurci le cœur des Égyptiens (14.17).
Cette analyse correspond bien davantage à l’enseignement de Paul en Romains 9.14-24.
Question 12 : La femme et les deux fils pouvaient-ils tous monter sur le même âne (v.20) ?
Ces enfants étaient tout jeune comme le prouve le verset suivant (v.25). Donc le poids global ne devait pas dépasser de beaucoup celui d’un homme.
Question 12 : Pourquoi Dieu appelle t’il Israël son premier-né (v.23) ?
On voit bien que cette expression ne parle pas d’une façon chronologique. D’ailleurs Jacob devenu Israël n’était pas le premier-né d’Isaac dans ce sens. Le premier-né parle ici du droit de succession, de l’héritier, du prochain régnant.
Question 13 : Pourquoi Dieu voulut-il faire mourir Moïse (v.24) ?
Il faut faire le lien avec l’action de Séphora qui circoncis ensuite le fils de Moïse (v.25), ce qui sauva Moïse (v.26). La circoncision devait être faite le huitième jour, selon l‘alliance avec Abraham (Genèse 17.9-14), sans quoi le non circoncis devait être exclu du peuple par la mort. Mais ici, Dieu s’en y prit à son père (Moïse). Ce qui à mon sens paraît juste car l’enfant ne pouvait pas lui-même avoir obéit à ce commandement. Le père est donc tenu responsable.
Question 14 : Pourquoi Moïse n’avait pas circoncis son fils avant cela?
Vraisemblablement Moïse avait circoncis son premier fils (Guershom) car on ne voit pas pourquoi Séphora aurait circoncis que l’un des deux (Éphraïm) (Exode 18.3,4) et que Dieu se serait contenté d’un seul circoncis sur deux. Mais alors pourquoi Moïse n’a-t-il pas circoncis également le deuxième? Et pourquoi Séphora qui s’en ait elle chargé puisque c’était le père qui s’occupait normalement de cela (Genèse 17.23; 21.4) ?
Voici comment nous reconstituons la scène. Moïse savait que c’était la chose à faire pour un Hébreu ayant été lui-même circoncis. Il circoncit donc son fils aîné. Mais cela irrita profondément sa femme Séphora qui ne connaissait pas cette pratique en Madian. Elle devait trouver cela barbare et sanguinaire. Ainsi donc Éphraïm est venu au monde, Séphora s’opposa à sa circoncision.
Mais étant donné que Moïse allait devenir le chef et le libérateur de la nation Hébreu, il devait lui-même obéir à ce signe de l’alliance. Dieu a donc cru bon de mettre en ordre cette situation cette nuit-là. Devant la mort éminente de son mari et sachant quel en était la raison, Séphora se dépêcha de trouver un objet tranchant pour passer à l’action. C’est sa réaction ensuite « et en toucha les pieds de Moïse en disant : Tu es pour moi un époux de sang » qui entérine notre reconstitution. En effet on sent dans ce geste et ses paroles que Séphora n’approuvait pas du tout cette pratique et qu’elle le fit à contre cœur.
Question 15 : Pourquoi Séphora jeta aux pieds de Moïse le prépuce ou toucha les pieds de Moïse avec le prépuce (v.25)?
Nous y voyons un signe de soumission envers son mari. Elle s’est mise sous les pieds de Moïse en ayant fait cette circoncision. Il y a d’autres explications plus sophistiquées mais celle-ci convient bien.
Question 16 : Que veut dire l’expression « époux de sang » (v.25)?
Par son mariage à Moïse, un juif, elle a dû verser le sang de son fils.
Questions sur L’Exode, Chapitre 5
Question 1 : Pourquoi la demande à Pharaon était trois jours de marche pour un fête et non un départ définitif (v.1-4) ?
Le mont Horeb (ou Sinaï) était à deux mois de marche dans le désert (Ex 19.1). Quand à Jérusalem ou le mont Morija en Canaan, il fallait parcourir environ 500 km pour l’atteindre. Dieu mentait-il à Pharaon? La suite du livre d’Exode ne confirme pas une fête à l’Éternel ni des sacrifices à trois jours de marche dans le désert. Certains commentateurs suggèrent que Dieu voulait tester l’attitude de Pharaon par une demande beaucoup plus modeste et revenir ensuite avec la vraie demande. Je préfère penser que Dieu voulait effectivement recevoir de son peuple un culte et des sacrifices après 430 ans d’absence de ceux-ci en Égypte (Ex 8.21-23). Mais son peuple devait ensuite continuer vers le mont Horeb. Dieu ne mentait pas à Pharaon, mais il ne lui révélait pas toutes ses intentions. Il semble d’ailleurs que Pharaon comprenait bien qu’une fois tout le peuple sorti avec leurs animaux et leurs biens, qu’il était probable qu’il ne reviendrait jamais. Pas étonnant que le Pharaon ait proposé plusieurs compromis (Ex. 8.21-23/8.24/10.8-11/10.24) et s’assurer ainsi que les Hébreux reviennent.
On ne voit pas effectivement que le peuple ait fait une fête à l’Éternel à trois jours de marche mais en revanche on voit que Dieu a donné au peuple des lois et des ordonnances à trois jours de marche (15.22-26). Il n’est donc pas impossible qu’il y ait eu en même temps une fête en l’honneur de l’Éternel et des sacrifices.
Question 2 : Y avait-il vraiment une possibilité que Dieu frappe le peuple de la peste ou de l’épée (v.3)?
La présence de ce Dieu trois fois saint au milieu du peuple, pouvait effectivement entraîner de graves jugements si ce dernier ne l’apaisait pas avec des sacrifices, surtout après autant d’années en Égypte. Certains commentateurs croient que le troisième « nous » (v.3) implique également l’Égypte puisqu’effectivement la peste s’est abattue sur l’Égypte ensuite (9.3). Aussi en quoi de tels jugements sans concerner l’Égypte auraient-ils influencés Pharaon de les laisser aller. Je ne crois pas que les deux premiers « nous » au verset 3 impliquant uniquement les Hébreux ait changé de sens pour inclure les égyptiens avec le troisième. Et même si la peste a pu être le fléau qui a frappé l’Égypte en 9.3, il manquerait encore celui de la guerre représentée par l’épée. Des malheurs touchant uniquement les Hébreux pouvaient quand même toucher le cœur d’un roi compatissant ou sinon lui montrer que son intérêt était en jeu en perdant ses esclaves.
Question 3 : Pourquoi de la paille dans les briques (v.7)?
Tout d’abord notons que cette pratique a été confirmé chez les Égyptiens. On la voit même sur les fresques égyptiennes montrant la vie quotidienne en Égypte. On y voit même des esclaves ajouter cette paille à l’argile. Le professeur Walter C. Kaiser écrit ceci dans son commentaire : De la paille achée était mélangée à l’argile afin de faire des briques plus flexibles et plus résistantes en liant l’argile ensemble et en libérant de l’acide humique similaire à la glutamique ou à l’acide tannique, en se dégradant.
Question 4 : Pourquoi des commissaires hébreux en plus des contre-maîtres égyptiens (v.6)?
Ces commissaires (sôterîm) hébreux (v.15) devaient servir d’intermédiaires et de traducteurs entre les chefs de travaux égyptiens et les esclaves hébreux. Le mot sôterîm en hébreu désigne parfois les scribes puisque selon le professeur Kaiser ce n’était pas toujours le cas (2 Chron 26.11; 34.13 où les scribes sont distingués des sôterîm). La version TOB traduit scribes. Si les esclaves hébreux avaient besoin de traduction, ne parlant pas l’égyptien, on n’est pas surpris qu’on ait fait appel aux scribes comme traducteurs puisque ces derniers devaient maîtriser les deux langes.
Question 5 : Pharaon pensait-il vraiment que la paresse était la raison de cette demande de trois jours (v.8,17)?
Il est probable que Pharaon croyait vraiment que ces hébreux étaient des paresseux et que ce n’était pas seulement une excuse facile de sa part pour ne pas leur donner ce qu’ils demandaient. Il est aisé pour des dirigeants de se penser supérieur et de trouver normal les différences de classes. Reconnaître que la condition d’esclave était inhumaine et qu’il était légitime aux hébreux de vouloir fonder leur propre nation aurait bouleversé l’hégémonie égyptienne dans le monde ainsi que la position du Pharaon lui-même. Il était plus facile de remettre la faute sur les hébreux.
Question 6 : Pourquoi Moïse et Aaron attendait-ils les commissaires (v.20)?
Moïse et Aaron savaient que cette rencontre pouvait débouchée sur un changement d’avis de Pharaon ou sur un refus avec possiblement d’autres mesures plus douloureuses. Dans les deux cas, ils devaient être au courant soit pour préparer le départ ou soit pour gérer la déception des commissaires. Normalement ils auraient dû savoir que ce serait un refus à cause des avertissements de Dieu (Ex 4.21), mais la plainte à Dieu (v.22) ensuite montre qu’ils avaient oublié ceux-ci.
Question 7 : Pourquoi ces commissaires pensèrent que Dieu lui-même désapprouvaient Moïse et Aaron (v.20,21)?
Cette réaction est étrange car eux-mêmes avaient cru que Dieu envoyait Moïse et Aaron (4.30-31). Maintenant, ils sont convaincus que Dieu sera juge de Moïse et d’Aaron. Les seules conclusions possibles, pour ces commissaires, sont soit que Dieu était en désaccord finalement avec cette entreprise ou soit que Moïse et Aaron n’avaient pas menés celle-ci de la bonne façon puisqu’elle n’avait donné les résultats escomptés (v. 5-14). La première option montre que ces commissaires ne croyaient plus aux signes manifestés tandis que la deuxième indiquerait que Moïse et Aaron n’ont pas suivis dieu correctement. Il est vrai que ces derniers n’ont pas fait les signes devant Pharaon qui n’ont été fait que plus trad (7.8,20). Ces commissaires ont peut-être pensés que ces signes devaient être refaits devant pharaon alors que Dieu les réservaient au départ pour amener la foi du peuple hébreu (Exode 4.1-9).
À la lumière de tout le reste du séjour dans le désert, où les hébreux continuellement retombaient dans l’incrédulité, la première option nous apparaît la meilleure explication. La foi lève les yeux vers le ciel tandis que l’incrédulité nous les fait baisser sur les conditions terrestres. L’augmentation de la charge de travail a complètement découragé le peuple de Dieu et leur a fait oublié tout ce que Dieu avait réalisé auparavant.
Question 8 : Moïse avait-il raison de poser ce pourquoi?
Aucunement! Car Dieu lui avait indiqué exactement comment les choses allaient se passer (Ex 3.19-22; 4.21). Par manque de foi et no de mémoire, Moïse avait oublié. Le manque de foi nous rend amnésique, sourd et aveugle alors que la foi fait le contraire.
Questions sur L’Exode, Chapitre 6
Question 1 : N’y a t’il pas là une contradiction avec le livre de Genèse à propos du nom de Dieu (v.3)?
On retrouve le nom de L’Éternel tout le long du livre de la Genèse et même aussitôt qu’au récit de la création au chapitre deux (2.4,5,7,8,9,15,16,18,19,21,22) dans le nom composé « l’Éternel Dieu ». Quand Ève mis son premier fils au monde, elle prononça ces mots : « J’ai acquis un homme de par l’Éternel » (Gen 4.1). Caïn et Abel lui offrirent d’ailleurs le fruit de leur travail à l’Éternel (4.3,4). Mais Genèse 4.26 précise que l’invocation de l’Éternel commença seulement à la naissance d’Énoch. Cette invocation avait semble-t ’il un rapport avec la mort car Énoch veut dire « mortel ». On a donc quelque chose de nouveau avec Énoch. Juste avant le déluge, Lémec, le père de Noé, savait que l’Éternel (5.29) avait maudit la terre (2.19). En sortant de l’arche, Noé « bâtit un autel à l’Éternel » et le béni (Gen 9.26). Nimrod lui-même était connu comme un « vaillant chasseur devant l’Éternel » (Gen 10.9).
Arrivé à l’époque d’Abraham on constate qu’Abraham a bâtie plusieurs auteles à l’Éternel (Gen 12.7,8; 13.18) où il invoqua ce nom (Gen 12.8; 13.10; 21.33), et jurait par ce nom (Gen 14.22; 24.3). Quand Dieu l’empêcha de sacrifier son fils, Abrahm donna à l’endroit le nom « Jéhovah Jiré » (Gen 22.14). Et dans ses entretiens avec Dieu il l’appelait « Seigneur Éternel) (Gen 15.2,8). L’Éternel de son côté s’identifiait clairement Genèse 15 :7; 24.7). Sara aussi n’était pas en reste sur cette connaissance (Gen 16.2,5); sans oublier Agar (Gen 16.13); Éliézer (Gen 24.12,27,35,40,42,44,48,56); Béthuel et Laban (Gen 24.31,50,51; 31.49). Les anges, eux aussi, se servait de ce nom pour parler de Dieu (Gen 18.14; 19.14). Isaac implorait encore l’Éternel après la mort de son père (Gen 25.51), l’invoquait (Gen 26.25), en parlait (Gen 27.7,20,27). D’ailleurs l’Éternel n’est pas un mystère en Canaan (Gen 26.28,29). Jacob prit du temps à l’adorer mais se reprit par la suite (Gen 28.16,21; 30.27,30). Les femmes de Jacob elles aussi le connaissaient et l’adoraient (Gen 29.32,33,35; 30.24; 32.9). Le livre de la Genèse se termine par l’adoration de l’Éternel par Joseph (Gen 49.18).
Comme solution à cette apparence de contradiction, on peut suggérer que malgré le fait que Dieu se soit seulement révélé au temps de Moïse sous le nom l’Éternel, Moïse l’aurait utilisé dans son récit de la Genèse, allant jusqu’à le mettre dans la bouche des acteurs du livre de la Genèse, afin que ses lecteurs fassent le lien qu’il s’agissait bien du même Dieu. Le problème c’est que Moïse n’aurait pas été constant avec cette pratique littéraire puisqu’il use aussi du nom El Shaddaï (Dieu Tout Puissant, Gen 17.1; 28.3; 35.11; 43.14; 48.3; 49.25).
Les commentateurs de la Bible préfèrent penser que même si les patriarches connaissaient le nom de l’Éternel et l’adorait sous ce nom, leur connaissance réelle de ce Dieu était encore très limitée et se concentrait sur sa toute-puissance. Mais avec la libération du peuple Hébreux d’Égypte, ce nom allait prendre le sens d’un Dieu personnel qui garde ses promesses, qui est fidèle (Je suis celui qui suis) et qui agit comme libérateur. La Segond 1979 traduit « sous mon nom, l’Éternel je n’ai pas été reconnus par eux ».
Question 2 : Dieu pourrait-il oublier quelque chose (v.5)?
Ceci touche à un débat théologique virulent entre ceux qui veulent mettre Dieu à l’abri de toutes caractéristiques humaines et ceux qui veulent le rendre un peu trop humain au point de dénaturer sa divinité. Plus concrètement, cela touche à toutes les fois dans la Parole où Dieu se présente comme un homme qui oublie, qui étend sa main, qui s’attriste, qui se repent etc. Pour les uns cela n’est qu’une façon de parler (on parle d’anthropomorphismes : Dieu se présente comme un homme pour nous aider à comprendre) alors que pour d’autres c’est très réel. Dieu nous a créé à son image, il est donc « homme » avant nous. Mais attention n’allons rien enlevé à Dieu en le faisant homme. Dans le cas qui nous intéresse Dieu dit «J’ai entendu les gémissements… je me suis souvenu » Dieu n’a pas d’oreilles de chair mais il entend tout de même car il est certainement capable d’entendre les sons qu’il a créé. Et concernant la mémoire de Dieu, d’un côté il n’oublie rien puisqu’il sait tout, mais de l’autre il peut oublier puisqu’il dit ne plus se souvenir de nos péchés pardonnés (És. 43.25; Jér 31.34; … ). Dieu peut donc à la fois oublier ou se rappeler selon sa volonté.
Mais ici, puisque Dieu avait prédit que l’esclavage des juifs durerait quatre cents ans, il n’était donc pas nécessaire qu’il s’en rappelle avant. Pour Dieu entendre ou se souvenir n’est pas qu’une question d’audition ou de mémoire mais aussi une affaire d’action. S’il entend ou se souvient c’est donc qu’il va agir. Tant qu’il n’a pas l’intention d’intervenir, il ne s’en souvient pas.
Question 3 : Que veut dire « J’ai levé ma main » (v.8)?
Ce geste soulève à nouveau le cas de Dieu se faisant passer pour un homme. Bien sûr! Dieu n’a pas de mains comme les nôtres. Et même s’il en avait une, l’aurait-il levé pour faire appel à plus grand que lui comme arbitre de la justice? L’Épître aux Hébreux est bien claire à ce sujet (Hé 6.13) et la réponse est non! Il s’agit donc d’un pur anthropomorphisme alors que Dieu se sert d’une action posée par les hommes pour faire comprendre qu’il s’engage par serment.
Question 4 Pourquoi l’angoisse et la dure servitude les empêchèrent d’écouter Moïse (v.9)?
Le dur labeur ne leur donnait pas le temps d’écouter ou l’énergie pour le faire, mais on comprend moins bien l’empêchement causé par l’angoisse. On peut penser à l’angoisse d’être battu davantage pour ne pas avoir fourni la quantité de briques fixée (v.5.13,14). Mais aussi l’angoisse de voir les exigences augmentées s’ils écoutaient encore Moïse (5.9).
Question 5 Que veut dire être « incirconcis des lèvres » (v.12) ?
L’Hébreu a littéralement le mot incirconcis. Cette expression est traduite « pas la parole facile » dans la Louis Segond. Montre en tous cas que Moïse connaissait la circoncision et le fait que les autres peuples ne la pratiquaient pas. Les incirconcis avaient, selon les juifs, tous les défauts condamnés par la Loi. Ici l’incirconcision est étendue aux lèvres, au langage défectueux. Comme les incirconcis parlait mal, Moïse lui n’avait pas la facilité de bien parler pour convaincre.
Question 7 : Pourquoi donner une généalogie ici (v.20)?
Cette généalogie se concentre sur la lignée des sacrificateurs, fils d’Aaron. Elle permet d’introduire les prochains grands acteurs du récit biblique : Moïse, Aaron; Nadab et Abihu (Ex 24.9; Lév 10.1); ; Éléazar (Lév 10.6); Koré (Nb 16.1), Phinées (Nb 25.7…). Elle fait ainsi le lien avec les autres généalogies et assure ainsi une continuité du récit biblique. La généalogie des sacrificateurs avait son importance car il fallait pouvoir prouver sa descendance de Lévi pour pouvoir officier comme sacrificateur (Esd 2.62,63). La présence des descendants de Ruben et Siméon, les deux frères ainés de Lévi, montre qu’il s’agit bien de la famille de Jacob. Le côté impersonnel (à la troisième personne du pluriel, v.26) n’indique pas une autre source littéraire mais rend cette généalogie plus officielle.
Question 8 : Pourquoi Moïse réitère son infirmité malgré la présence d’Aaron maintenant (v.30) ?
Il est vrai que Dieu le visait lui de s’adresser à Pharaon, mais n’empêche il fait à nouveau preuve de son incrédulité malgré les encouragements de Dieu.
